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Êtes-vous surpris lorsque nous organisons la journée sans voiture ? Probablement pas. À peu près tout le monde connait l’impact environnemental des voitures, mais peu de gens savent que l’élevage d’animaux destinés à la consommation est responsable de l’émission de plus de gaz à effet de serre que les voitures, les avions et les bateaux combinés soit environ 18% des gaz à effet de serre produits par l’humain [1]. Comme quoi, souvent, en environnement, le plus évident n’est nécessairement le plus important.

La viande a un impact environnemental immense, 30% de toute la surface émergée de la Terre est dédiée à l’élevage d’animaux, soit 70% de toutes les terres agricoles [1]. Au Québec, ce sont 57% de grandes cultures qui servent à nourrir les animaux [2] et c’est seulement 5% de l’alimentation des vaches qui provient du pâturage [3]. L’élevage d’animaux nécessite une quantité remarquable d’eau et d’énergie. Près d’un tiers [4] des réserves mondiales d’eau douce est utilisé pour le bétail; il s’agit d’une des principales sources de pollution de l’eau [1]. Un kilogramme de viande de bœuf émettra 27kg d’équivalent CO2 au cours de son cycle de vie dont 7kg proviennent directement de gaz émis par l’animal lors de sa digestion, un kilogramme de viande de poulet en émettra 7kg, alors qu’un kilogramme de Tofu en émettra environ 2kg [5].

Les impacts environnementaux de l’élevage du bétail sont extrêmement nombreux et peuvent varier énormément d’une région à l’autre selon le climat, les méthodes d’élevage pratiquées et les sources d’énergie utilisées. La consommation de viande nécessite un territoire immense, ce qui mène à la déforestation et à la surexploitation des terres; elle nécessite aussi une consommation remarquable d’eau, non seulement pour les animaux eux-mêmes, mais aussi pour les champs qui servent à les nourrir; les restes animaux, les antibiotiques, les hormones ainsi que les pesticides et les fertilisants utilisés dans les cultures fourragères contribuent à la pollution des écosystèmes et à la pollution de l’air [5]; le transport de la nourriture vers les animaux, le transport de la viande et l’utilisation d’électricité pour le chauffage et l’éclairage des animaux émettent, dans la grande majorité des cas, des gaz à effet de serre, sans compter les gaz émis directement par les animaux eux-mêmes et l’énergie utilisée pour réfrigérer et cuire cette viande une fois dans nos maisons. Ces quelques exemples montrent à quel point il peut être difficile d’évaluer l’empreinte écologique globale de l’élevage et donc de remédier à la situation. La consommation de viande elle-même est très différente d’un pays à l’autre, un Indien moyen consomme environ 4.4 kg de viande par année alors qu’un Canadien en consomme environ 94.4 kg [6]. On estime devoir doubler la quantité de nourriture produite dans le monde d’ici 2050 [7]. Le problème de l’alimentation globale est extrêmement complexe et majeur, il faudra pour y remédier changer nos habitudes de vie.

Alors, devons-nous tous devenir végétariens? Ne soyons pas naïfs, la nourriture végétarienne nécessite aussi l’utilisation de grands territoires, elle doit, elle aussi, être transportée, réfrigérée et cuite et, surtout, on ne peut pas simplement remplacer un steak par un bloc de tofu.

Pour réellement comparer le régime végétarien au régime omnivore, il faut mesurer, protéine par protéine et calorie par calorie. Il s’avère que le régime végétarien l’emporte tout de même largement. Pour la même quantité de protéine, la viande nécessitera de 6 à 17 fois plus de territoire qu’un produit fait à base de Soja et de 4.4 à 26 fois plus d’eau dépendamment du type de viande [8]. De plus, plusieurs études ont démontré que le régime végétalien était le régime ayant le moins d’impact environnemental et qu’un régime végétarien avait un impact environnemental moins important qu’un régime omnivore moyen équivalent [9] [10] [8]. Une étude conduite en Italie, par exemple, conclut qu’un régime végétalien biologique est beaucoup plus écologique qu’un régime omnivore. Selon cette étude, ce régime aurait un impact près de 4 fois moins important qu’un régime équilibré omnivore non biologique et 9 fois moins que le régime d’un italien moyen. Comme mentionné précédemment, les impacts peuvent varier énormément d’une région à l’autre; au Québec, on ne peut pas se procurer de légumes frais locaux à longueur d’année, mais 97% de l’électricité est produite par des barrages hydroélectriques. Alors, ces résultats sont-ils applicables? En été: sans aucun doute. En hiver: difficile à dire. Par contre, une chose est certaine, nous, nord-américains, consommons beaucoup trop de viande; être végétarien sera toujours plus écologique qu’avoir une alimentation centrée sur la viande. À savoir si l’on doit bannir complètement la viande de notre alimentation, la question est plus complexe et dépend de plusieurs aspects culturels, démographiques et géographiques qui sortent du cadre de cet article.

En tant que consommateur, il faut faire des choix éclairés, il faut minimiser ou éliminer notre consommation de viande (surtout la viande rouge) en la remplaçant, le plus possible, par des produits locaux. Il faut tenter de consommer des produits biologiques, car leur impact environnemental est réellement important [9]. Modifier son régime alimentaire peut avoir un impact environnemental aussi important que de changer de voiture. En effet, avoir un régime végétarien pendant 1 mois peut épargner environ 100 kg d’équivalent CO2 ce qui revient à remplacer une voiture à essence moyenne par une voiture hybride pendant 1 mois. Arrêter de manger de la viande un mois par année n’est pas très difficile, je peux vous l’assurer, et donne des résultats mesurables sur notre empreinte écologique, alors allez-y participez au défi-végé!

Le végétarisme est un mode de vie alimentaire qui exclue toute forme de viande animale, soit la viande rouge, le poulet et le poisson. Contrairement aux végétaliens, les végétariens mangent toutefois les produits d’origine animale tels que les œufs et les produits laitiers.

Contrairement aux croyances populaires, il n’est pas nécessaire de consommer de la viande matin, jour et soir pour atteindre ses besoins nutritionnels en protéines. En fait, la quantité de protéines consommées par un(e) adulte sédentaire devrait correspondre à 0.8 fois, en grammes, son poids en kilogrammes. Ainsi, une personne pesant 75 kg devrait consommer 60g de protéines par jour.

Les protéines sont composées d’un ensemble de 20 acides aminés, dont doivent être puisés de notre alimentation puisqu’ils ne sont pas synthétisés par le corps. Les protéines complètes sont des aliments qui contiennent ces neuf acides aminés, et ce, de même quantité. Le végétarisme permet d’obtenir ces protéines complètes grâce à des plats combinant légumineuses et grains entiers. En voici quelques exemples simples et classiques :

Beurre d’arachides et pain au blé entier

Humus et pita blé entier

Riz et fèves noires

Petits pois et pâtes au blé entier

Pour une personne active*, la quantité de protéines consommées correspond à 1.2-1.8 fois son poids en kilogrammes. Ainsi, une personne pesant 75kg adoptant un mode de vie sain et actif devrait consommer 90 à 135g de protéines par jour.

L’essentiel encore une fois est de s’assurer que tous les aliments de notre diète composent ensemble des protéines complètes, tout en fournissant les nutriments et vitamines dont le corps a besoin.

De plus, il est tout à fait possible d’obtenir un corps défini et musclé avec une alimentation végétarienne. De grands athlètes tels que Joe Namath (NFL), Robert Parish (basketball), Venus Williams (tennis) et Mac Danzing (MMA) ont tous adopté un mode de vie végétarien ou végétalien pendant leurs carrières.

Si ceux si prennent des shakes de protéines, ils sont sans doute à base de protéines végétales, soient végétaliens. Par contre, la plupart du temps, la poudre de protéines whey est utilisée par les athlètes après leur séance d’entraînement. Ce type de poudre provient du lait, qui lui et composé de whey et de caséine. Il n’est pas tout à fait nécessaire de consommer de type ce breuvage si les entraînements effectués ne sont pas intensifs et réguliers. En effet, le corps a besoin d’une certaine quantité de protéines et si la diète fournit le nécessaire, le corps extrait tous les surplus à travers le système digestif.

*Un mode de vie actif implique de l’activité physique régulière au moins trois fois par semaine, et ce, d’intensité modérée à élevée.

Vous serez heureux d’apprendre que le végétarisme ne bénéficie non seulement à votre santé, mas aussi à votre portefeuille! Puisque la production d’aliments frais nécessite moins de ressources que l’élevage et la production de viande, il est évident que les options végétariennes coûtent significativement moins cher que la viande, la volaille ou le poisson.

Visitez notre menu de recettes végétariennes qui offre des suggestions variées et qui se comparent aux options carnivores en termes de prix.

Lorsque tu t’engages à participer au Défi Végé, tu marques des Points Carbone. Mais c’est quoi ça exactement un Point Carbone? Et bien un point carbone représente une quantité (1kg) de gaz à effet de serre (GES) qui n’a PAS été émise dans l’atmosphère grâce à ta décision d’adopter un comportement plus durable. Comme tu le sais sûrement, moins on émet de GES, plus on contribue à la lutte contre les changements climatiques !

Les émissions de GES évitées (représentées par les Points Carbone) sont calculées par PolyCarbone [http://www.polymtl.ca/durable/projet-laureat-fid-2016-bourse-polycarbone] en partenariat avec le CIRAIG [http://www.ciraig.org/fr/] avec une approche cycle de vie. En d’autres termes, nous comptabilisons toutes les émissions de GES ayant lieu à chaque étape du cycle de vie d’un produit, c’est-à-dire pendant la production des matières premières, leur transformation en produit, son transport, son utilisation et son traitement en fin de vie.

Dans le cadre du Défi Végé, nous avons quantifié l’action de « Passer d’un régime omnivore à un régime végétarien, pour un étudiant moyen à Polytechnique, pendant un an, tout en continuant d’assurer un apport calorique suffisant ». Pour se faire, nous avons calculé l’ensemble des GES émis par le régime alimentaire d’un étudiant omnivore à Polytechnique pendant un an. De même, nous avons calculé l’ensemble des GES émis par le régime alimentaire d’un étudiant ovo-lacto-végétarien (qui consomme des œufs et des produits laitiers) à Polytechnique pendant un an. La différence d’émissions de GES entre ces 2 régimes alimentaires donne la quantité d’émissions de GES évitées lorsqu’un étudiant omnivore à Polytechnique passe à un régime végétarien.

Pour quantifier les émissions de GES liées à un régime alimentaire, nous avons considéré les étapes suivantes : la production (élevage, production agricole), l’achat, la conservation et la préparation des aliments, ainsi que l’utilisation et le nettoyage de la vaisselle.

Comme il n’existe pas de statistiques à Polytechnique sur le régime alimentaire des étudiants, nous nous sommes basés sur l’enquête la plus récente sur « La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois » réalisée par Institut National De Santé Publique Du Québec [https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/931_RapportNutritionAdultes.pdf]. Cela nous a permis de dresser un portrait du régime alimentaire moyen annuel d’un individu omnivore entre 19 et 30 ans, habitant en milieu urbain et poursuivant des études post-secondaires (c’est-à-dire, toi !), tout en distinguant les hommes et les femmes. Pour décrire le régime alimentaire ovo-lacto-végétarien, nous avons réutilisé les données du régime omnivore et remplacé les quantités de viande et de poisson consommées par des substituts généralement consommés par les végétariens (tofu, pois chiches, lentilles, etc.) en faisant une correspondance basée sur les apports en protéines. Nous avons également pris en compte le gaspillage alimentaire par type d’aliments.

PolyCarbone est un organisme sans but lucratif (OSBL) qui a pour objectif d’inciter le milieu universitaire à adopter des comportements plus durables. Ce projet, porté par 5 étudiantes de Polytechnique, a été lauréat du Fonds pour des initiatives durables de Polytechnique.

PolyCarbone propose donc à des groupes d’étudiants et employés de réduire leurs émissions de GES en s’engageant, à long terme, à réaliser des actions comme « Voyager en transport en commun ou en vélo plutôt qu'en auto-solo », « Manger végétarien plutôt qu’omnivore », « Utiliser une tasse réutilisable plutôt qu'un gobelet jetable », etc. Ces actions permettent la génération de Points Carbone représentant les émissions de GES évitées par ces actions. Ces Points Carbone pourront être ensuite réutilisés pour compenser les émissions de GES liées par exemple à un trajet en avion ou à l’organisation d’un évènement à Polytechnique.

Si ton groupe souhaite poursuivre son action de manger végétarien à plus long terme, et ainsi être reconnu pour sa contribution à la réduction des émissions de GES de la communauté, prends contact avec PolyCarbone !